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La Cabane du Papou

13/04/2007
En fait, elle n’est pas au fond du jardin, mais plutôt à l’entrée. C’était une vieille remise en pierre, agrandie à grands renforts de planches de récup’ et de tôles ondulées. Elle a été le refuge des jeudis de mes grands frères, de mes mercredis, des samedis de Papou et de tous les autres jours de la semaine depuis sa retraite.
Qu’a-t-elle de si particulier? C’est un espace de liberté, encombré de tous les trucs que nous récupérions et qui n’étaient pas dignes d’entrer dans la maison. La poussière et les araignées de toutes sortes y règnent en maîtres.
J’adore cet endroit, même si j’avoue ne jamais rien y trouver, tant les murs sont encombrés d’objets et d’outils hétéroclites. Le vrai maître de cet endroit, c’est mon père, il sait où tout se cache (ou presque!)
D’ailleurs, il arrive parfois d’y retrouver des objets jetés des années auparavant, que  Papou a sauvé -in extremis- de la poubelle.

Une toute petite visite en photos…

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Là, c’est la partie ancienne de la cabane avec sa toute petite fenêtre qui donne juste sur l’établi

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que vous pouvez voir sur cette photo. Mon père a un sens pratique très développé, accompagné d’un sens de la récupération pour trois fois rien que j’admire. Il a aussi un sens du rangement que je ne renierai pas, parce qu’il faut juste trouver une pointe et un marteau pour ranger un outil… Le plus dur étant par la suite de réussir à le re-situer visuellement dans tout le fouillis ambiant (même l’espace en les poutres et la tôle ondulée du toit est un rangement, là-bas!)

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et voici une photo qui n’a l’air de rien, mais que j’aime beaucoup, une collection de pinces de toutes sortes, dans un range-couverts en plastique, avec en fond la sempiternelle boite de maquereaux au vin blanc devenue boîte à forets.
On y trouve des pédales de vélo :
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des ciseaux à bois et des tas d’autres outils venus d’une autre époque.
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J’y retrouve aussi des trucs faits il y a longtemps comme ce plâtre…
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Ben oui, c’est moi et je fais la tronche et je ferme les yeux parce que ce n’était pas évident de sourire sous une couche de bande plâtrée!
Edit du 12 Avril 2009 : Le toit de la Cabane a été emporté en janvier sous la tempête. Les frangins ont commencé à tout reconstruire. Quand ce sera prêt, je vous montrerais les photos!

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Mes Vieux

06/08/2006
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Je sais que cela peut paraître bizarre, mais j’avais envie d’écrire un petit texte à l’intention de mes parents.

J’ai eu la chance de naître de deux sages. Ils sont nés l’année du premier krach boursier, étaient adolescents lors de la deuxième guerre mondiale. Fils et fille de paysans, ils sont devenus ouvriers. Ils ont eu 3 garçons, puis la vie leur a repris un.

Comment ont-ils fait pour survivre à ça, je n’en ai aucune idée. Je me demande aussi comment mes frères ont vécu cette perte de l’un des leurs.

Alors qu’ils n’y croyaient probablement plus, je suis arrivée, petite tête rousse au milieu de deux frères bruns presque adultes. Etre de nouveau parents à 45 ans, cela doit paraître un peu effrayant.

Mes parents sont des gens courageux et enthousiastes à leur manière. Ce ne sont pas des expansifs, leurs gestes d’affection sont subtils.

Ils ne m’ont pas élevée en tant que fille, mais en tant qu’enfant, libre de jouer avec des bouts de bois, des pointes et un marteau, aussi bien qu’avec du tissu et des aiguilles à coudre. Je me souviens même d’un été où j’ai infesté la maison de poussière de plâtre, parce que j’avais décidé de faire de la sculpture avec des restes d’enduit à prise rapide.
Ils ne m’ont jamais rien reproché tant que je ne cassais rien dans la maison, tant que je respectais leur espace.
Combien de longs après-midis, j’ai passé avec mon père à faire de la menuiserie ou à aller à pêche.
Combien de samedis, j’ai passé avec ma mère à faire de la confiture ou à apprendre à tricoter.

Je n’ai pas connu la pression des bonnes notes, parce qu’eux-mêmes n’avaient que peu de diplômes, hormis le certificat d’études pour ma mère et un CAP de sabotier pour mon père.
Ma mère et moi nous sommes querellées souvent, pratiquement toujours pour la même chose : notre conception opposée du rangement de ma chambre.

Quand je pense à cette période, deux odeurs me reviennent, la blouse de ma mère qui sentait le cuir et la colle néoprène, celle de mon père qui sentait le détergent industriel et le gas oil. Ils ont travaillé dur toute leur vie, économisé le moindre sou pour que nous ne manquions de rien. Une vie modeste et honnête, des gens bien.papou-et-mamapou

Il est dommage que nous ayons perdu tant d’années à ne plus nous comprendre, mais c’était le prix de l’adolescence, peu de familles y échappent.

Je sais que je n’ai pas été qu’un cadeau pour eux, je leur en ai voulu longtemps de m’avoir mise au monde si tard dans leur vie, de nous laisser si peu de temps. Nous en avons encore, profitons-en.
Et je ne peux que terminer par cette déclaration que je ne leur fais probablement pas assez souvent: JE VOUS AIME.

PS: j’adore la première photo qui date de 1954, l’année de leur mariage… on dirait un couple à la Doisneau.

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