J’ai toujours voulu publier ces photos nocturnes prises entre 2005 et 2006. A l’époque, j’avais un appareil photo parfait pour ce genre de prises de vues (un Casio Elixim EXP-700). J’ai acheté un pied et j’ai commencé à arpenter les rues pour faire ces clichés nocturnes. J’aime particulièrement les vues d’ensemble.
Les photos en hauteur sont prises de la Haute-Ville, l’ancienne ville intra-muros, avec sa vue plongeante sur le Plat-Gousset, juste à côté du casino.
Les photos du petit matin ont une autre histoire. A l’époque, je vivais dans un petit appartement de la Haute-Ville. J’aimais l’intérieur de cet appartement, j’aimais aussi la vieille ville qui l’entourait. Tout aurait pu être pour le mieux dans le meilleur des mondes si je n’avais pas eu… mes voisins. « L’enfer, c’est les autres » disait Sartre (*), ce qui laisserait à penser qu’il les connaissait personnellement.
En cet été 2006, mes nuits furent très souvent courtes et bruyantes. En particulier la nuit où j’ai fait ces photos. Evidemment, il y eut une fête. Evidemment, personne n’eut la courtoisie de me prévenir. Evidemment, vers 2 heures du matin, quand je demandai de baisser le son, je fus copieusement insultée.
Ce qui fait que cette nuit-là, à quatre heures du matin, j’étais toujours parfaitement éveillée et je commençais même à échafauder des plans macabres pour me débarasser des deux d’un coup. Lui, parce qu’il se garait systématiquement sur la ligne jaune pour avoir le moins de mètres possible à faire à pied et que du même coup, il ne prenait jamais le temps d’emmener ses poubelles dans les containers. Elle, parce qu’elle était incapable de fermer un sac poubelle (et pourtant, c’était des sacs à coulisses) et que ses ordures (non triées) finissaient toujours la tripaille à l’air sur le trottoir sous les coups de becs des mouettes alléchées.
Tout ça pour dire qu’à 4 heures ce matin-là, je ne dormais toujours pas. J’ai attrapé mon appareil et je me suis régalée en regardant le soleil se lever sur la ville.
L’épilogue de cette histoire : trois mois plus tard, j’ai déménagé à la campagne où je dors depuis comme un loir.
(*) : Purée, si j’avais su qu’un jour, j’aurais cité Jean-Paul Sartre dans ce blog, je ne l’aurais pas cru…
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